Elle désigne une multitude de pratiques et d’approches, qui partagent toutefois un objectif commun : celui de reconnecter le monde de la science au reste de la société.

Le métier de médiateur scientifique est encore peu connu. L’administration française, dont le fameux Pôle Emploi, ne semble pas en avoir entendu parler. Si vous cherchez quelle petite case cocher, c’est peine perdue !

Pourtant, la médiation scientifique se rencontre dans de nombreux endroits et à plein d’occasions différentes : au musée, à la télévision, sur internet, à la librairie, au cinéma…

La médiation scientifique est souvent présentée comme un synonyme de “vulgarisation scientifique”. C’est pourtant réducteur : même si la vulgarisation est un aspect important de la médiation scientifique, la médiation scientifique fait bien plus que vulgariser.

La médiation scientifique cherche à créer un lien, un échange, entre le monde de la science et le reste de la société. Elle veut les mettre en relation.

Et cette relation entre la science et la société ne doit pas être à sens unique. La science a des choses à dire à la société, mais la société a aussi des choses à dire à la science !

C’est là que se positionne le médiateur scientifique. Son rôle ne se résume pas à la diffusion d’un message scientifique auprès de gens “ignorants”. Son rôle est aussi de prendre en compte les valeurs et les réflexions du public à propos de la science.

Il ne s’agit donc pas uniquement de “simplifier” des savoirs. Il s’agit surtout de les replacer dans un certain contexte social, en fonction des publics, de leurs sensibilités et de leurs préoccupations.

Alors oui, la simplification du langage scientifique est bien utile pour favoriser la diffusion des connaissances scientifiques dans le reste de la société. Ce qui fait que la vulgarisation est tout à fait adaptée à certaines situations.

Mais dans beaucoup d’autres situations, le problème ne repose pas uniquement sur un manque de connaissances. Dans ces cas-là, la vulgarisation ne répond pas à toutes les attentes ni à tous les problèmes.

Pour certains sujets polémiques (comme les OGM, le nucléaire ou le clonage), les données scientifiques sont tout aussi importantes que les questions éthiques et politiques soulevées par les personnes “non scientifiques”.

Pour d’autres sujets, il peut être important de permettre au public d’observer ou d’expérimenter certains phénomènes par lui-même, grâce à des jeux, à des mises en scènes, à des ateliers scientifiques ou à des expériences sensorielles.

La tache du médiateur scientifique n’est donc pas uniquement de vulgariser des connaissances scientifique. Il doit aussi faire appel à des compétences dans des domaines très divers, comme la pédagogie et les sciences de l’éducation, mais aussi les sciences cognitives, la sociologie ou la philosophie.

En fonction de ses objectifs, des moyens dont il dispose et de l’institution pour laquelle il travaille, le médiateur scientifique peut alors avoir des activités très variées. Ce qui participe au flou qui entoure la définition de la médiation scientifique.

Un médiateur scientifique peut ainsi se retrouver à faire du journalisme scientifique, à organiser des festivals de sciences, à concevoir des expositions pour des musées, à animer des ateliers pédagogiques pour enfants, à faire des randonnées de découverte en montagne, du théâtre de rue, des émissions de télévision, et j’en passe !

Le médiateur scientifique ne propose donc pas uniquement de diffuser des savoirs, il propose surtout une expérience humaine.

Car la médiation scientifique ne vise pas uniquement à répandre la bonne parole scientifique et à répondre à la curiosité des publics.

La médiation scientifique encourage surtout le public à s’approprier des connaissances scientifiques pour prendre des décisions personnelles et citoyennes éclairées.

Au fond, la raison d’être de la médiation scientifique est très politique.