Cet article fait partie d’une série sur la mode. Le premier épisode est ici.

Magazines, émissions de télévision, blogs… Quand il s’agit de mode, il s’agit presque toujours de mode féminine.

Même chose dans les magasins : les femmes ont nettement plus de choix que les hommes.

Si les marques de mode et de fast fashion ont fait des femmes leur cible principale, ce n’est évidemment pas un hasard : les femmes dépensent beaucoup plus d’argent en habillement que les hommes. Mais pourquoi ça ?

Qu’est-ce qui pousse les femmes à donner autant d’importance à la mode ?

Et combien d’hommes qui lisent ces lignes se sont déjà demandé, désespérés, pourquoi leur copine/femme/soeur prenait autant de temps à choisir ses tenues ?

C’est un mystère que l’on résume souvent au fait que les femmes auraient “naturellement” une plus grande sensibilité aux “jolies choses”. Vraiment ?

Sur le plan biologique, rien ne laisse penser que les femmes auraient des besoins vestimentaires radicalement différents de ceux des hommes.

Il n’y a pas non plus de différence physique majeure entre les hommes et les femmes qui imposerait un choix d’habillement différent aux uns et aux autres.

D’ailleurs, la mode n’a pas toujours été un domaine féminin, bien au contraire !

“Pendant plusieurs siècles, les deux sexes sont à égalité vestimentaire quant à la recherche du raffinement et de l’ornementation. En matière d’extravagance de toilettes dans les milieux raffinés, de la Renaissance aux Lumières, les hommes brillent de tous leurs feux.” — Daniel Roche, historien, professeur au Collège de France

D’après le philosophe et sociologue Gilles Lipovetsky, la mode masculine aurait même eu l’avantage pendant plusieurs siècles !

Pourquoi les choses ont-elles radicalement changé ?

Comment la mode est-elle devenue une affaire de femmes ?

Pour ça, il faut retourner voir au 14ème siècle.


Au Moyen Age, les chemins se séparent

Dans tout le récit qui va suivre, je vais parler des hommes et des femmes de manière relativement binaire pour faciliter la compréhension. Mais je n’oublie pas pour autant les personnes non binaires ou queer. Dans cet article, j’ai cependant fait le choix de ne pas aborder les identités non binaires parce que je ne connais pas assez bien le sujet et préfère ne pas prendre le risque de dire des bêtises. D’autre part, le sujet serait trop intéressant (et complexe) pour être résumé en quelques paragraphes.

On l’a vu dans un précédent épisode, le 14ème siècle marque un tournant majeur dans l’histoire du vêtement. Et c’est un moment d’autant plus important que c’est aussi à cette époque-là que les habits masculins et féminins prennent des directions très différentes en Occident.

Jusque là, les hommes et les femmes portaient en général des tuniques flottantes de longueur variable, plutôt courtes pour les hommes et plutôt longues pour les femmes mais sans différence majeure.

Dorénavant c’est un vêtement serré à la taille et fermé avec des boutons qui s’impose chez les hommes. Avec ça, ils portent des bas qui collent les jambes (des chausses). Les femmes, elles, continuent de porter une robe longue mais qui est plus près du corps et beaucoup plus décolletée.

Les vêtements féminins visent de plus en plus à faire ressortir les symboles de la féminité : on met en valeur la poitrine et le buste, on intensifie la cambrure et la courbe des hanches. On place même des petits sacs sur le ventre pour le faire paraître plus gros !

Cette révolution instaure une grande différence vestimentaire entre les deux genres.

D’où vient cette division vestimentaire entre hommes et femmes ? Pourquoi est-elle apparue ? On ne sait pas trop.

Mais elle s’est très vite répandue à travers l’Europe. Elle restera ensuite une norme quasi-invariable dans l’habillement jusqu’au 20ème siècle.

C’est la norme selon laquelle les hommes portent des pantalons (système “fermé”) et les femmes portent des robes (système “ouvert”).

Saint Louis aka Louis IX (13ème siècle) / Les gambettes d’Henri IV (16ème siècle) / Louis Philippe Ier (19ème siècle)

Liberté, inégalité et crinoline

La Révolution française abolit les distinctions vestimentaires entre les différentes couches de la société d’Ancien Régime. Avant la Révolution, les gens devaient s’habiller en fonction de leur condition sociale : les roturiers avaient interdiction de porter certains tissus ou certaines couleurs réservés aux nobles.

Désormais, la liberté vestimentaire devient un principe démocratique important et les roturiers peuvent s’habiller comme ils en ont envie.

Tous égaux devant les vêtements !

En fait non, pas tant que ça. Car en réalité, une inégalité va remplacer l’autre.

Si l’inégalité vestimentaire fondée sur la condition sociale s’efface, c’est au profit d’une plus grande inégalité vestimentaire entre les genres.

Selon le professeur Frédéric Monneyron, les divisions vestimentaires entre les hommes et les femmes s’accentuent d’un coup à partir de la Révolution.

Les vêtements des femmes sont de plus en plus réglementés. A partir de 1793, les Parisiennes n’ont pas le droit de porter de pantalon si elles ne disposent pas d’une autorisation spéciale. Puis en l’an 1800, une ordonnance de police concernant le “travestissement des femmes” leur interdit de porter des pantalons sur tout le territoire national (cette ordonnance ne sera d’ailleurs abrogée qu’en 2013, après être complètement tombée en désuétude).

Au 19ème siècle, la mode qui s’impose chez les hommes est un costume pratique et sobre, aux couleurs sombres, qui symbolise les valeurs de la bourgeoisie, désormais au pouvoir : travailler dur et épargner.

Mais bizarrement, la mode féminine ne suit pas du tout la même trajectoire de sobriété. Elle reste colorée, créative, pleine de rubans, de dentelles, de bijoux et de fards. Des objets de mode qui plaisaient tout autant aux hommes peu de temps auparavant et qui se trouvent maintenant réservés aux femmes.

La mode masculine s’efface mais c’est pour mieux rejaillir sur les femmes. C’est ce que l’économiste Thorstein Veblen appelle la “consommation par procuration” : les hommes affichent leur puissance, leur richesse et leur statut social… sur leurs femmes ! Dans les milieux aisés, les vêtements d’une femme servent maintenant à refléter la réussite de son mari.

Mais ce nouvel idéal de mode et de beauté féminine devient une vraie contrainte physique pour les femmes. Les parures peuvent être extrêmement encombrantes, comme la crinoline des années 1850, un jupon très large maintenu par des cercles en acier et avec lequel il peut être difficile de marcher.

Dessins de femmes en crinolines / Caricature par George Cruikshank

Chapeaux immenses, talons hauts… C’est aussi le grand retour du corset, source de souffrances qui, selon Thorstein Veblen, “n’est autre qu’une mutilation, destinée à ôter la vitalité au sujet, à la rendre en permanence et de toute évidence inapte au travail”.

Pour l’économiste en effet, de tels vêtements servent surtout à montrer que la femme qui les porte n’a pas besoin de travailler car, même si elle le voulait, elle ne pourrait rien faire !

Ce n’est qu’au 20ème siècle que les choses commencent à évoluer en faveur de la liberté vestimentaire des femmes.

Quand les hommes partent au front pour la première guerre mondiale, les femmes se retroussent les manches et raccourcissent leurs jupes pour remplacer les hommes dans les champs, dans les usines, et pour soigner les soldats comme infirmières. Certaines portent même les pantalons de travail de leurs maris mobilisés.

Mais à la fin de la guerre, elles sont renvoyées chez elles par le gouvernement français pour que les hommes retrouvent leurs emplois. Le nouveau désir d’émancipation des femmes ne rencontre pas beaucoup d’écho politique en France, alors que les voisines britanniques obtiennent le droit de vote en 1919 (il faudra attendre 1944 chez nous). La mode, en revanche, est prête à faire bouger ses lignes.

Dans les années 1920, elle donne aux femmes ce nouvel élan de liberté grâce à l’influence de Coco Chanel.

A la poubelle les corsets ! Les femmes portent des vêtements plus simples, plus souples et beaucoup plus fonctionnels, qui permettent une plus grande liberté de mouvement.

Et ce changement de mode n’est pas un changement comme un autre, c’est une révolution vestimentaire qui ouvre de nouvelles opportunités aux femmes.

“Chanel libère définitivement la femme de cette incapacité physique de participer pleinement à la vie sociale dans laquelle ses vêtements la tenaient, et l’encourage à aller vers une vie physiquement plus libre” — Frédéric Monneyron

Dans les années 1930, les femmes commencent à porter des shorts d’été, puis des bikinis dans les années 1940. C’est le début d’un processus de dénudation du corps féminin à double tranchant. D’un côté, il permet une liberté de mouvement sans pareille. Mais d’un autre, il facilite la sexualisation du corps des femmes dans les médias et les expose encore plus aux diktats de minceur et de jeunesse.


Pin ups et pantalons

Les jeunes filles du baby boom sont les premières de l’Histoire à grandir avec la société de consommation et les médias audiovisuels, de plus en plus présents.

Cette combinaison les encourage dès le plus jeune âge à reproduire une identité féminine basée sur des images sensuelles voire sexuelles, et à la perfection physique inatteignable.

L’avantage de cette perfection physique inatteignable, c’est qu’elle permet d’entretenir la frustration et l’insatisfaction nécessaires pour que les femmes aient toujours de bonnes raisons d’acheter des produits de mode et de beauté.

C’est un idéal de beauté culturel, toujours en vigueur aujourd’hui, dont la raison d’être est éminemment commerciale. Les médias, au premier rang desquels la publicité, inculquent aux femmes qu’elles doivent chercher à atteindre cet idéal alors qu’elles ne pourront jamais y parvenir en réalité. Elles ne s’arrêteront donc jamais de consommer les produits qui leur promettent ce Graal esthétique. Et voilà comment on fait un beau business !

Le prêt-à-porter est d’autant plus un succès que les spécialistes de la mode découvrent dans les années 1950 que les jeunes femmes et surtout les adolescentes aiment être traitées comme des femmes adultes. Elles adoptent facilement le large éventails de produits déjà vendus à leurs mères et à leurs grandes soeurs. C’est un tout nouveau marché qui s’ouvre pour l’industrie de la mode.

Mais avant de condamner en bloc la mode et son industrie, il ne faut pas oublier qu’elles participent aussi à d’importants changements sociaux en faveur des femmes. C’est ce que l’on voit en particulier avec le succès grandissant du pantalon féminin dans les années 1960, où la mode joue un rôle moteur dans la remise en question de la place des femmes dans la société.

Après une brève réapparition dans les années 1890 comme tenue de bicyclette pour femme puis une tentative infructueuse de Coco Chanel, le pantalon revient plus conquérant que jamais dans les années 1960–1970. Si bien que dès 1965, les femmes achètent plus de pantalons que de jupes (les robes étant toujours en tête mais de plus en plus concurrencées).

L’arrivée du pantalon n’est pas une nouvelle mode comme une autre. Déjà, parce que c’est un symbole de masculinité depuis des temps immémoriaux (depuis le 14ème siècle en fait, si vous suivez). Mettre un pantalon, c’est traverser ouvertement la ligne vestimentaire qui sépare les hommes et les femmes. C’est une revendication d’égalité.

Alors le pantalon libère les femmes d’un certain nombre de contraintes physiques, mais aussi psychologiques.

Premièrement, il permet aux femmes de participer à des activités économiques et sportives qui leur étaient impossibles jusque là. Elles n’ont plus besoin de serrer les jambes en permanence par souci de décence.

De ce fait, le pantalon permet aussi aux femmes de changer leur rôle dans la société et donc, par ricochet, de se construire une nouvelle identité. En mettant des pantalons, les femmes ne s’approprient pas uniquement un vêtement pratique et des nouvelles activités, elles s’approprient aussi des symboles.

Elles sont fortes, elles sont puissantes, elles sont dynamiques et indépendantes.

Brigitte Bardot (1967) / Françoise Hardy (1963) / Catherine Deneuve et Françoise Dorléac (1966)

Le pantalon est-il une conséquence de la libération des femmes, ou la libération des femmes s’est-elle faite (en partie) grâce au pantalon ? Qui était là avant l’autre ? D’après mes lectures et ma compréhension de l’histoire, j’aurais tendance à penser que le pantalon a été un vrai outil de libération, qu’il a permis de concrétiser les aspirations des femmes.


Masculin féminin

Depuis, la mode tendrait vers l’androgynie selon certains auteurs : les hommes se féminisent, les femmes se masculinisent, et ils finiront par se retrouver au milieu.

Il est vrai que les femmes ont conquis à peu près tous les vêtements masculins : prenez n’importe quoi dans une armoire d’homme, une femme pourra le porter. En revanche, la réciproque n’est pas vraie. Dans la rue ou au travail, on ne voit pas d’hommes porter des jupes ou des talons aiguilles.

Selon Frédéric Monneyron, c’est parce que la “masculinisation” de la garde-robe féminine n’a pas vraiment induit de “masculinisation” de l’identité féminine. Une femme peut tout à fait porter un pantalon ou un blouson en cuir sans que personne ne remette en question sa féminité. C’est juste une autre façon, moderne, de faire preuve de féminité.

D’ailleurs les coupes, les couleurs et les matières restent très “féminines”. Par exemple, les vêtements sont beaucoup plus cintrés, voire moulants, chez les femmes que chez les hommes.

Alors que de l’autre côté, il n’y a pas eu de “féminisation” des vêtements masculins. Tout au plus les hommes peuvent-ils porter des chemises à motifs, des accessoires et quelques couleurs vives auparavant réservées aux femmes. Mais pour un homme, porter des vêtements typiquement féminins est en général très mal perçu. Ce serait comme nier sa masculinité, comme s’il ne pouvait pas être en même temps un “vrai” homme.

Pourquoi cette inégalité ? Je me l’explique par le fait que les caractéristiques traditionnellement associées au “sexe fort” sont encore beaucoup plus valorisées que les caractéristiques associées au “sexe faible”. Dans ce contexte de hiérarchie des sexes, il est beaucoup plus acceptable pour une femme de chercher à “s’élever” pour ressembler au sexe fort que pour un homme de “s’abaisser” au niveau du sexe faible.

Il y a vraiment une ligne de démarcation vestimentaire nette entre les genres, que les hommes en particulier ne sont pas socialement autorisés à franchir.

Pour Gilles Lipovetsky, la persistance de ces différences est plutôt étonnante puisqu’elle entre en contradiction avec certains de nos principes démocratiques les plus chers.

“Tout se passe comme si l’égalité ne parvenait pas à dépasser un seuil […]. Nous nous reconnaissons tous d’essence identique, nous revendiquons les mêmes droits et néanmoins on ne veut pas ressembler à l’autre sexe.” — Gilles Lipovetsky

Gilles Lipovetsky suppose donc qu’au fond de nous, au niveau inconscient, nous ne voudrions pas vraiment être égaux. La question se pose.

Pour lui d’ailleurs, c’est la sur-valorisation de la beauté féminine qui explique en grande partie le fait que la mode touche beaucoup plus les femmes. Car le fait de ne pas être à la mode, de ne pas correspondre aux normes de beauté, est un risque beaucoup plus grand pour les femmes que pour les hommes.

Il y a là une double dynamique assez complexe : d’un côté, les femmes ont conquis de nouveaux droits et de nouvelles carrières professionnelles mais, d’un autre côté, la beauté féminine est plus que jamais glorifiée, sacralisée, et surveillée.

Dans notre société de l’image, la beauté féminine est devenue une valeur centrale que l’on encourage et que l’on exhibe à longueur de journée, à la télévision ou sur des affiches de 3 mètres sur 4 dans le métro. On l’utilise même pour vendre des yaourts !

J’ai maintes fois entendu certains de mes amis masculins se plaindre de toute l’attention, de toute l’énergie et de tout l’argent que leurs copines ou femmes allouaient à leur image (vêtements, coiffure, produits cosmétiques). Pour eux, ça n’a pas de sens ! Pourquoi perdent-elles autant de temps dans des choses aussi superficielles ?


“Le beau sexe”

Alors j’ai envie de poser la question autrement : pourquoi le souci de l’apparence semble-t-il aussi superficiel aux yeux de ces hommes ?

Eh bien c’est justement parce que leur apparence à eux n’a pas forcément eu d’influence déterminante sur leur vie personnelle, sur leur vie professionnelle, ni sur leur expérience du monde en général.

Contrairement à la grande majorité des femmes, à qui l’on fait comprendre dès le plus jeune âge que leur vie tout entière dépendra de leur apparence.

Je tiens ici un propos très général car il y a bien évidemment aussi des hommes qui sont discriminés pour leur apparence physique (racisme, grossophobie). Mais ceux qui ne comprennent pas du tout l’importance sociale de l’apparence sont souvent ceux qui n’en ont jamais souffert.

Une chose est sûre cependant, c’est que le monde extérieur ne se comporte pas de la même manière avec vous selon que vous êtes un homme ou une femme. Et c’est pour ça que les hommes et les femmes finissent par avoir des visions du monde très différentes : car le monde n’est effectivement pas du tout le même avec eux !

Pourquoi je vous dis ça ? Pour vous rappeler que la valeur que le monde accorde à une femme dépend énormément de sa beauté, ce qui explique que le vêtement a globalement un rôle beaucoup plus important dans la vie des femmes que dans la vie des hommes.

Et il n’est pas étonnant que les femmes accordent en retour beaucoup d’importance à la mode.

“Les femmes qui se vouent à cette quête éperdue de beauté ne sont pas nécessairement aliénées et formatées par les médias ou le marketing, elles savent aussi que leur réussite sociale ou personnelle implique leur dissolution dans les normes physiques.” — David Le Breton, sociologue et anthropologue à l’Université de Strasbourg

Dans ce contexte, maîtriser les codes de la beauté et de la mode n’est pas qu’un petit hobbie futile. Ça peut être une compétence extrêmement importante dans la vie (pour éviter certaines discriminations professionnelles, ou même certaines violences physiques et psychologiques).

D’autant que la publicité et les médias présentent aujourd’hui la beauté comme quelque chose de facile. Vous n’avez qu’à acheter tel ou tel produit ! La beauté est à portée de main ! Et il faudrait vraiment faire preuve de mauvaise volonté pour ne pas l’atteindre…

C’est tellement facile d’être éternellement sexy, mince et jeune ! Des solutions miracle sans se priver !

Rappelons d’ailleurs le prix dérisoire des vêtements de fast fashion. La société ne laisse aujourd’hui plus aucune excuse à une femme pour ne pas être au top de sa beauté.

Comme l’explique le sociologue David Le Breton, refuser de correspondre à cet idéal alors qu’il est soi-disant facile à atteindre est même considéré comme une faute morale. C’est parce que, on l’a vu, la beauté féminine est devenue une valeur centrale dans notre société. Dans ce contexte, la laideur est impardonnable.

Cet idéal de beauté repose pourtant sur une lutte permanente, source d’insatisfaction et de complexes.

On remarque justement dans un certain nombre d’études que les hommes sont globalement beaucoup plus à l’aise dans leurs corps que les femmes. C’est parce que le corps d’un homme n’est pas le centre de gravité de sa confiance en lui (en général), alors que la beauté d’une femme est en permanence utilisée comme indicateur de sa valeur.

Pour David Le Breton, la libération des femmes s’est en effet accompagnée de leur enfermement dans un nouveau carcan, fondé sur l’apparence. L’obligation d’être belle est une force symbolique qui impose une nouvelle forme de soumission pour les femmes.

Alors la mode est-elle l’alliée ou l’ennemie des femmes ? J’aurais tendance à dire qu’elle est un peu les deux à la fois. Pour le sociologue Michel Dion, la mode féminine a autant servi à libérer les femmes qu’à les déposséder de leur corps et de leur esprit.

En revanche, la mode n’est certainement pas l’amie de l’environnement. On voit ça dans le prochain épisode !


La suite est ici :

[5/6] Pourquoi la mode… est un des pires pollueurs au monde ? (environnement)
La mode pourrait bien être la deuxième industrie la plus polluante au monde. Pourtant, on n’y pense jamais ! Sommes…medium.com